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Les Scop veulent imposer leur modèle face à un monde en crises

Publié le 20/03/2025 dans Actualité réseau

Les sociétés coopératives de production (Scop), ces entreprises dont les salariés sont les associés majoritaires, continuent à bien se développer en Occitanie.

Sur la photo : L’épicerie du foirail à Miradoux, dans le Gers, est une société coopérative d’intérêt collectif depuis quelques années. Crédit : Urscop Occitanie Pyrénées.

Dans l’ouest de la région Occitanie, les sociétés coopératives de production (Scop) se portent bien. L’Union régionale des Scop (Urscop) met ainsi en avant, en 2024, l’accompagnement à la création de quatorze nouvelles entreprises sur ce modèle, qui ont généré soixante-seize emplois et 8,7 millions d’euros de chiffre d’affaires. Au total, l’Urscop Occitanie-Pyrénées accompagne 341 Scop et Scic, soit près des 60 % des entreprises coopératives de la région, représentant 4400 salariés et 461 millions d’euros chiffre d’affaires cumulés. À ces chiffres qui illustrent une certaine dynamique s’ajoute un très bon taux de pérennité de 77 % à 5 ans pour les entreprises suivies.

« Les entreprises coopératives séduisent car ce sont des formes idéales pour imaginer le monde de demain. C’est voir l’entreprise avant tout comme un collectif humain et pas comme une pompe à fric. Une coopérative, c’est une typologie d’entreprise adaptée pour des politiques environnementales et sociales ambitieuses. Beaucoup de Scop vont bien au-delà des bilans carbone, elles proposent des nouveaux modèles », considère le volubile et dynamique président de l’Union régionale des Scop Occitanie-Pyrénées, Rémi Roux, par ailleurs l’un des dirigeants d’Ethiquable, la scop gersoise, spécialisée dans le commerce équitable.

 

Des reprises en Scop à la barre du tribunal de commerce

« La dynamique des sociétés coopératives s’explique aussi par la situation économique difficile, incertaine. Il y a de plus en plus de reprises d’entreprises en Scop ou en Scic à la barre du tribunal de commerce. Cela apparapît comme une solution pour contrer la désindustrialisation. Nationalement, on peut avoir en tête l’exemple de la mythique entreprise Duralex, qui fabrique de la vaisselle en verre. Mais, plus proche de nous, nous avons par exemple la société tarnaise spécialiste du bloc baie béton Compobaie, qui été reprise par une vingtaine de salariés sous le nom de 3B Concept à la suite d’une liquidation judiciaire », explique le précis mais sobre Cyrille Rocher, directeur de l’Union régionale.

Il dirige une équipe de seize personnes dont douze entièrement dédiées à l’accompagnement au quotidien des sociétés coopératives locales. L’organisation, au budget de 1,5 million d’euros, est notamment partie prenante d’Alter’Incub, incubateur d’entreprises innovantes socialement, qui fête ses dix ans cette année. Parmi les sociétés soutenues, citons par exemple la société d’autopartage Citiz Occitanie, l’installateur de panneaux solaires toulousain Tousolar, ou encore le café associatif castrais La Petite faucheuse, espace de réflexion sur la mortalité. Au total, plus de 200 projets ont été accompagnés et plus de 120 entreprises ont été créées grâce à Alter’Incub en une décennie.

En 2024, l’Urscop Occitanie a par ailleurs noué de nouveaux partenariats avec, notamment, la Fédération Scop BTP Occitanie et le réseau régional ECLR Occitanie1 afin de « renforcer les entreprises coopératives dans les secteurs du BTP et des énergies renouvelables ».

À l’heure où de nombreux dirigeants se rapprochent de l’heure de la retraite, les Scop apparaissent également comme une solution pour que bien des entreprises perdurent. « Transmettre en Scop peut être une bonne idée quand un dirigeant part en retraite. Il faut parfois encore lutter contre certaines idées reçues mais pas seulement du côté des dirigeants, étonnamment. Il y a des salariés qui pensent que des patrons l’envisagent car l’entreprise n’aurait pas d’avenir. Alors que, souvent, c’est car ils ont plus confiance en leurs salariés que dans quelqu’un d’extérieur », confie Cyrille Rocher. « Beaucoup d’entrepreneurs retraités confient qu’ils ne regrettent pas ce choix. C’est satisfaisant de voir l’œuvre d’une vie se poursuivre avec des gens aux commandes qui sont attachés aux valeurs de l’entreprise qu’on a créée », conclut Rémy Roux.

1 Pour « Énergies citoyennes locales et renouvelables Occitanie »

 

20/03/2025

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